Jusque-là, cette mission d'aide et assistance aux étrangers placés en centre de rétention administrative (CRA) était assuré par la seule Cimade. A partir du 2 juin, cette tâche sera éclatée entre cinq associations (dont la Cimade). Depuis des mois, une guerre juridique oppose donc les associations de défense des étrangers - Cimade en tête - et le ministère de l'Immigration.
En signant ce contrat en catimini, Eric Besson contourne les juges. Lesquels n'apprécient pas. En témoignent les commentaires sur le blog de Serge Slama, maître de conférence en droit public et militant au Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti). Ensuite, le ministre de l'Immigration signe alors que l'audience censée déterminer s'il y a ou non des illégalités dans ce marché, était fixée au mercredi 13 mai. Après-demain !
L'urgence était-elle telle qu'il faille signer le marché trois jours avant? D'autant que lors de l'audience de la semaine dernière, la magistrate avait insisté auprès de l'avocat du ministre de l'Immigration pour qu'il conseille à son client de ne pas signer. L'avocat s'y est engagé. Il n'a visiblement pas été entendu.
La précipitation dont Besson fait preuve, montre-t-elle que le ministre avait peur de voir le marché annulé par la juge mercredi? «Je pense que s'il était sûr de son fait, il aurait attendu trois jours», analyse Serge Slama. La plaignante, la Cimade, avait de sérieux arguments pour elle, dont la compétence de l'une des associations lauréates de l'appel d'offres, le mystérieux collectif Respect, fondé en 2003 par un militant UMP ex-chargé de mission au ministère de l'Immigration, après que la marseillaise eût été sifflée lors d'un match de foot France-Algérie, et dont l'expertise en matière d'assistance aux étrangers parait sujette à caution. (...)
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