Cela fait plusieurs jours que les défenseurs des sans-papiers tirent la sonnette d'alarme. Selon la Cimade et l'Association malienne des expulsés (AME), le gouvernement français exercerait des «pressions considérables et sans précédent pour que le Mali signe avec Brice Hortefeux, ministre français de l'immigration, (un) accord bilatéral de gestion concertée des flux migratoires». En substance, les termes de cet accord sont les suivants: la France entrouvrirait son marché du travail au Mali, celui-ci acceptant en retour qu'elle lui réexpédie ses ressortissants en situation irrégulière. Cette signature interviendrait en marge de la Conférence interministérielle euro-africaine sur la migration et le développement qui se tiendra à Paris mardi 25 novembre. «Elle mettrait fin à deux années de résistance du gouvernement malien», rappellent les deux associations.
Vendredi, Brice Hortefeux faisait preuve, lors d'un échange avec Libération, d'un optimisme prudent. Compte tenu de l'importance numérique de la communauté malienne en France – 120 000 personnes dont les deux tiers en situation irrégulière – la signature d'un tel accord serait pour lui un «symbole fort», à la veille d'un possible remaniement qui le verrait, peut-être, quitter le ministère de l'Immigration. Faire plier le Mali lui permettrait également de parachever symboliquement la mise au pas de l'Afrique, de tels accords ayant déjà été signés avec les principaux pays africains d'émigration: Sénégal, Gabon, Bénin, République démocratique du Congo, Togo.
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