Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog du Collectif Fontenay pour la Diversité - RESF Fontenay-sous-Bois

Publicité

Les migrants hantent toujours les ports du Nord

Après le démantèlement de la « jungle » de Calais, les migrants se sont dispersés dans tout le département, sans renoncer à leur objectif : passer en Angleterre

Dans les dunes sur le bord de mer, en plein centre-ville le long des rues, ou près du pont, ils sont toujours là, disséminés dans tout Calais et ses environs. Quelques jours après la 
destruction de la « jungle », le plus grand campement de la côte, les migrants, en majorité afghans, se sont déjà réorganisés. 

« On ne sait pas encore identifier avec précision où ils dorment. Mais la mafia, elle, n’a pas de mal à les retrouver. C’est là tout le paradoxe : plus on les éloigne, plus on les isole et plus on les met dans les mains des passeurs », s’indigne Vincent Lenoir, de l’association Salam, qui vient quotidiennement en aide aux migrants. « Depuis la fermeture de la “jungle”, c’est encore pire pour eux, regrette ce professeur de sciences engagé. Tout va être fait pour qu’ils ne restent pas ici. Ils n’auront pas de répit. »

Peu avant 18 heures, des dizaines d’hommes, seuls ou par petits groupes, convergent vers la rue Margollé, à quelques encablures des ferrys et du rêve anglais. Une longue file se forme le long des entrepôts déserts. Ils sont une centaine. Peut-être plus. La plupart sont jeunes, certains adolescents. Quelques-uns se chamaillent, d’autres se bousculent. Les ventres sont vides, ils attendent que les bénévoles de Salam, vestes bleu marine sur le dos, déchargent leur fourgonnette. C’est l’heure du repas. 

« Où est-ce que je peux aller d’autre ? »

Certains ont pu s’échapper de la « jungle » mardi 22 septembre, avant l’arrivée des forces de l’ordre. D’autres ont été arrêtés et transférés en centre de rétention ou en foyer dans le sud et l’est de la France (lire ci-dessous). Loin de les décourager, le déploiement policier de ces derniers jours les renforce dans leur envie de passer la frontière. « On ne veut pas de nous ici », répètent-ils.

Salman a 25 ans, on lui en donnerait dix de plus. Les mains croisées, il mime son arrestation. Mardi matin, il a été emmené dans le commissariat de Lille. Dès le lendemain, il était de retour à Calais. « Où est-ce que je peux aller d’autre ? », s’interroge-t-il dans un anglais hésitant. Seule la mer le sépare de son rêve. Quarante kilomètres, à peine. Salman ne regrette pas son ancien campement. « La jungle, c’est pour les chiens », lâche-t-il. 

Nassri, lui, ne rêve plus du Royaume-Uni. Tee-shirt rayé coloré, pantalon beige, baskets, il dénote un peu au milieu de ses compatriotes. Dans son sac à dos est entassée toute sa « maison » : des vêtements, un rasoir, un billet de train. Il veut partir s’installer à Paris. « Gare de l’Est, vous connaissez ? » Il a fait des demandes pour être régularisé. « Dans deux, trois mois normalement », assure-t-il. 

Nassri a fui « les talibans, la guerre, la misère »

Avec ses quatre frères, Nassri a fui « les talibans, la guerre, la misère ». Il pense aujourd’hui à trouver un travail, s’enquiert de savoir s’il y a des débouchés dans le sport. En Afghanistan, il était joueur de cricket, de haut niveau, jure-t-il. En attendant, il dort dehors.

Dunkerque, à 40 kilomètres de là. Autre port de la côte nordique, autre refuge des migrants. Les rumeurs de la destruction du campement de Calais sont arrivées jusqu’ici. Les candidats à l’exil sont plus stressés, plus tendus que d’habitude. Ils craignent la police, les bénévoles aussi. « Ma hantise, c’est d’arriver au camp et qu’il n’y ait plus personne, confie Françoise Lavoisier, de l’association Salam. C’est déjà arrivé tellement de fois. Même si, dès l’après-midi, on entend les coups de marteaux. Ils reconstruisent déjà… » Et toujours dans le même périmètre. 

Après Calais, les bénévoles pensaient voir affluer d’autres migrants. Seuls quelques-uns sont venus grossir le rang des clandestins de Dunkerque. « On se demande même où ils sont passés », confie-t-elle. À Loon-Plage, à côté du port, des migrants ont dressé leurs camps de fortune. Derrière les tentes se dresse un ferry. 

À Dunkerque, il n’y a qu’une à deux traversées par jour. Les migrants sont donc moins nombreux que dans le Calaisis, environ une soixantaine. À Grande-Synthe, un peu plus loin, c’est à côté d’une aire d’autoroute, dans les bois, qu’ils se sont installés. À chaque fois, c’est au beau milieu de nulle part, au bout d’une route de campagne. Bien loin de la ville. Certains restent quelques semaines, d’autres six mois.
 (...)

Lire la suite, sous la plume de Claire Hache, sur Lacroix.com
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article