Trois jours après l'évacuation musclée de la «jungle» de Calais, 80 Afghans, tous majeurs, devraient être libérés à la demande de plusieurs juges des libertés et de la détention. Il s'agit-là d'un peu plus de la moitié de la totalité des migrants majeurs interpellés et placés en rétention à travers toute la France.
Selon un premier décompte de la Cimade, seule association présente dans les centres de rétention, il y aurait eu trente-huit annulations de procédure à Nîmes, huit à Marseille, six à Rennes et trente à Toulouse.
Pour Damien Nantes, de la Cimade, «tout ceci était relativement prévisible».
«Dans une rafle», a-t-il déclaré, «car c'est bien d'une rafle à Calais, il y a nécessairement des erreurs préjudiciables aux droits des personnes et ce sont ces erreurs que les juges ont constaté».
Les parquets ont décidé de faire appel
«Le choix de l'éloignement géographique des personnes est aussi une atteinte aux droits des personnes», a-t-il ajouté en relevant qu'aucun étranger n'avait été placé en rétention à proximité de Calais, que ce soit dans les centres de Coquelles ou de Lille, qui dispose, pour ce dernier, de 100 places alors que «seules» 25 sont occupées.
Le président de la Cimade, Jérôme Martinez, lui, parle d'un «couac». «C'est étonnant pour une opération annoncée une semaine à l'avance (...). On aurait pu croire que les autorités auraient mis les moyens pour s'assurer de la légalité de la procédure». Dans la grande majorité des cas, les différents parquets ont décidé de faire appel de ces décisions. Ils ont 24 heures pour entamer la procédure. L'appel étant suspensif, les migrants sont encore détenus en centre de rétention administrative.