Blog du Collectif Fontenay pour la Diversité - RESF Fontenay-sous-Bois
Par Fontenay - Diversité
On n'a pas suivi sur ce blog - pour cause de vacances - la mobilisation autour de Voijin Milic, père de famille arrêté durant l'été. Mais on ne résiste pas au plaisir de vous en faire lire le dénouement, raconté par Richard Moyon :
18h20. Coup de téléphone pour m'assurer que Voijin Milic est bien sorti. "On est rentrés à la maison, c'est l'apéro, on remercie tout le monde". Promesse d'une grande fête.
En quittant le TA vers midi, Mohamed, un jeune de Drancy, ami de la famille, va avec Jovana devant le CRA de Palaiseau pour rendre visite à son père et le ramener s'il sort. 15h30 je les rejoins devant le CRA. Pas de nouvelles de l'avocate. Je décide d'emmener Jovana voir son père. Vers 16h, on nous fait entrer dans le poste de garde. "Pièces d'identité ?" Je donne ma CNI mais j'annonce que J. n'a pas de document d'identité. "Elle ne peut pas entrer" me répond le policier - "Si" -"Non ! -"Si, elle est mineure, n'a pas à avoir de pièce d'identité, elle a sa carte ImaginR, et elle vient voir son père, M. Milic" Le flic lâche, "OK, si elle est mineure, c'est différent, mais vous ne me dites pas "si" quand je dis "non". - "Si"
ref, on rentre. Embrassades père-fille. Il est très tendu. Je me retire dans le couloir pour les laisser seuls. Passe un policier qui jette un coup d'oeil sur le père et la fille, regarde mon badge et me dit, l'air désolé "C'est bien ce que vous faites, j'espère que vous allez réussir à le faire sortir. C'est vraiment trop..."
Sur ce, le téléphone de V. sonne : "Allo ?" Son visage s'éclaire "Je suis libre !" Emotion, j'vous dis pas. Le père et la fille s'étreignent, ils m'embrassent, on applaudit et on crie. Les flics viennent voir ce que c'est que ce bordel. Je leur annonce que M. Milic est libre, ils sont très visiblement soulagés, souriants. Je leur place mon couplet sur les remerciements qu'on attend d'eux parce qu'à chacune de nos victoires, c'est un boulot indigne dont on les dispense. Ils opinent. Mon téléphone sonne dans le bac où ils l'ont rangé. Je le prends d'autorité... je suis chez moi. Je passe mes coups de fil, Jovana aussi, on va et on vient librement entre le parloir et le poste de garde. On a gagné... on a tous les droits. Presque. Et pour un instant seulement. Mais ça vaut le coup d'être vécu.
Richard Moyon
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