Blog du Collectif Fontenay pour la Diversité - RESF Fontenay-sous-Bois
Par Fontenay - Diversité
Le 24 juin, sur France Inter, le ministre de l'immigration a nié un cas de "délit de solidarité " évoqué par Libération. Au prix d'une grande mauvaise foi.
CEDRIC MATHIOT - Libération.fr
Intox
Nier, encore et toujours. Jusqu’à la mauvaise foi, jusqu’au mensonge. Le ministre de l’Immigration s’accroche à son credo : «Le délit de solidarité n’existe pas.» Y compris quand Libération lui apporte la preuve du contraire.
Le 24 juin, Gilbert Laval, correspondant de Libé à Toulouse, raconte l’histoire de Salimou Fofana, Guinéen en situation régulière, jugé devant le tribunal de grande instance de Rodez pour avoir parfois hébergé un compatriote sans papiers.
Ce matin-là, Eric Besson est l’invité de la matinale de France Inter. Lors de la revue de presse, Frédéric Pommier reprend l’article de Libé et interroge ainsi le ministre. «Une peine d’au moins cinq mois a été requise contre Salimou Fofana, pour avoir occasionnellement hébergé, parfois nourri, un compatriote sans papiers. Si l’on parle de délit d’humanité, êtes-vous d’accord cette fois pour dire que cela existe, M. Besson» ?
«Non, absolument pas, rétorque le ministre, qui affirme: sur cette affaire, je veux vous faire noter que le procureur d’une part et le préfet d’autre part ont dit que l’affaire était beaucoup plus large, les faits reprochés beaucoup plus larges que ceux que vous venez de citer, et que l’affaire d’immigration illégale était incidente, annexe, par rapport à l’affaire principale.»
Et de conclure : «Quand je dis que le délit de solidarité n’existe pas, je dis quelque chose de simple : il n’y a pas de bénévole, d’humanitaire, ou de particulier qui ait, en France, en soixante-cinq ans, une seule fois été condamné pour avoir aidé, hébergé, nourri, conduit dans sa voiture, etc. un étranger en situation irrégulière.»
Désintox
Résumons le propos du ministre : si Salimou Fofana a été jugé, si cinq mois ont été requis contre lui, c’est parce que les faits étaient plus larges que la seule aide à un clandestin. Eric Besson est fidèle à sa ligne. Au prix d’une grande mauvaise foi. Dans sa défense têtue, le ministre n’a raison que sur un point, anecdotique par ailleurs : l’«affaire d’immigration illégale» - telle qu’il la nomme - est effectivement une procédure incidente. (...)
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