Ce jour-là (hier), la marche se fait en terres douaisiennes : Aniche - Sin-Le-Noble - Douai. Une petite trotte. Rien qui n'effraie l'Algérien Reda et ses vingt-deux copains d'infortune qui, en quelques jours, sont devenus bons marcheurs. Depuis le 7 juin, depuis le jour où ils ont donné un chèque de 1 000 E au centre communal d'action sociale (CCAS) de Neuf-Mesnil pour les victimes de la tornade d'août 2008, en Val de Sambre, ces sans-papiers vont de ville en ville. Pour porter la bonne parole. « La solidarité, c'est aussi l'intégration ; l'intégration, c'est d'abord les papiers », clame Reda, place d'Armes à Douai. Qui connaît ses classiques : « L'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'homme dit : " Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays." » Le Guinéen Diaby opine du chef : « On n'a pas envie de travailler dans la clandestinité. » Pas envie de vivre avec la peur au ventre. « On veut cotiser à la Sécurité sociale, payer des impôts », témoigne Reda. Pas envie, en tout cas, de prendre le premier vol pour Alger, Conakry, Bangkok... (...)
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