Les retenus poursuivis pour l’incendie du centre, en 2008, sont « pris en otages », selon Me Terrel.
Quel beau pays, la France ! C’est en effet en catimini qu’elle a rapatrié en Tunisie le corps de Salem Souli, le sans-papiers dont la mort fut suivie, fin juin, de la révolte et de l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes. Son fils et son ex-compagne (qui n’ont appris sa mort qu’en octobre !) ont d’ailleurs porté plainte pour « rétention d’information, homicide involontaire par manquement aux obligations de sécurité, omission de porter secours et atteinte à la mémoire du mort et à sa réputation ainsi qu’à sa famille ». Et c’est avec la même discrétion que le pays des droits de l’homme s’acharne sur les huit sans-papiers tenus responsables de l’incendie du CRA.
Ainsi, l’un d’eux, Slaheddine El Ouertani, d’origine tunisienne, vient de sortir du coma dans lequel il était plongé depuis novembre, après avoir été grièvement blessé dans sa cellule de la prison de Fresnes, où il était en préventive. Hospitalisé à Paris, il est hémiplégique et souffre de graves séquelles. Si le juge d’instruction n’a pas jugé utile de prolonger son maintien en détention provisoire, cela n’a pas empêché le parquet de dégainer une procédure d’exception (le référé détention) pour le renvoyer en prison ! Heureusement, la chambre d’instruction de la cour d’appel, en attendant de statuer sur le fond, vient de lui éviter de retourner derrière les barreaux, rejetant cette demande. (...)
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