La complexité des situations des sans-papiers rend illusoires des critères justes pour distinguer entre régularisables et expulsables. Portraits. Mehmet,son pacs avec une Française ne le protège pas Le couperet n’est pas passé loin. La dernière semaine de novembre, alors qu’il se promenait sur l’esplanade de Béziers, Mehmet a été interpellé par la police aux frontières. Nuit au poste, risque d’envoi en centre de rétention, menace d’expulsion vers son pays d’origine, la Turquie… Tout ce qu’il craignait depuis son arrivée en France en 2005. Le jeune homme a toujours été sur le qui-vive, « à se méfier tout le temps », d’autant que le droit d’asile lui a été refusé. « Je suis kurde. En Turquie, tout est plus compliqué pour nous, raconte Mehmet. Il y a du racisme. On se fait arrêter et frapper. » Après vingt-quatre heures d’angoisse, il est relâché. Est-ce parce que le préfet de l’Hérault desserre l’étau autour des Kurdes sans papiers, dont certains ont tenté récemment une grève de la faim? Parce que son obligation de quitter le territoire a expiré ? Parce qu’il vit et s’est pacsé avec une Française, Isabelle, enceinte de quelques semaines ? Mystère. En tout cas, le couple compte déposer une demande de régularisation « au titre de la vie privée et familiale ». Uni depuis moins d’un an, le couple ignore le pourcentage de réussite de sa démarche. La loi reste assez floue sur la durée minimale exigée de vie commune dans le cas des pacs. « De S’ils m’expulsent, je reviendrai », prévient Mehmet. (...)