Le diocèse des Hauts-de-Seine a saisi la justice pour obtenir l'évacuation des 58 sans-papiers qui occupent depuis sept mois les locaux paroissiaux de l'église Saint-Paul à Nanterre, a-t-il annoncé lundi dans un communiqué.
Cette annonce intervient deux jours après une cérémonie symbolique de parrainages républicains de ces sans-papiers, les "Oubliés de Saint-Paul", devant la préfecture des Hauts-de-Seine. Cette cérémonie est apparue comme le premier franc soutien d'élus locaux à leur cause.
Dans son communiqué, le diocèse de Nanterre explique avoir demandé à plusieurs reprises aux occupants de quitter les lieux depuis la fin du mois d'août. Le diocèse avait notamment proposé que les sans-papiers disposent d'un autre local pour centraliser leurs dossiers avec l'aide du Secours catholique.
Le groupe avait décliné cette proposition, craignant une dispersion du mouvement.
Les 58 sans-papiers, qui disent vivre depuis plusieurs années en France et sont originaires pour la plupart d'Afrique subsaharienne, avaient participé fin avril au mouvement d'occupation des locaux paroissiaux lancé par un autre collectif de sans-papiers.
Mais fin juillet, ce collectif avait interrompu son mouvement dans des conditions controversées, plusieurs sans-papiers l'accusant de les avoir "manipulés" et "abandonnés". Depuis, les 58 avaient constitué un nouveau mouvement, baptisé les "Oubliés de Saint-Paul".
Après plusieurs tentatives de dialogue infructueuses avec la préfecture des Hauts-de-Seine, celle-ci avait considéré fin octobre que sept des 58 dossiers méritaient un "examen plus approfondi".
Les "Oubliés de Saint-Paul" avaient refusé de connaître leurs noms, y voyant une tentative de "casser le mouvement".
Lundi soir, leur porte-parole Kebe Adama a confirmé à l'AFP la visite d'un huissier de justice dans la journée, venu annoncer la saisie du tribunal de Nanterre par le diocèse. Il n'était pas immédiatement en mesure de réagir au nom du groupe.