«Il faudrait pouvoir en rire si c'était pas à en pleurer, 20 millions d'euros pour le budget développement solidaire d'Hortefeux, c'est ridicule. Quand on prétend faire du développement solidaire, on met les moyens». Pas content, Antoine Malafosse, délégué général du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).
En théorie, le ministre Brice Hortefeux est censé s'occuper d'Immigration, d'Intégration, d'Identité Nationale, mais aussi, de Développement solidaire. «C'est la première fois qu'un ministère traite spécifiquement du développement solidaire», souligne-t-on dans l'entourage du ministre. «L’enjeu est de donner aux États du Sud et à leurs ressortissants les moyens d’avoir confiance en eux-mêmes et de construire un avenir en dehors de l’émigration»,déclarait Hortefeux en 2007.
Jeudi 13 novembre, le projet de loi de finances 2009 - dont les crédits de l'aide publique au développement - était examiné en première lecture par l'Assemblée nationale. L'occasion de vérifier si l'effort du gouvernement est à la hauteur de ces ambitions. Présent dans l'hémicycle pour défendre la loi, Eric Woerth, le ministre du Budget l'a jouée volontariste: «Il s’agit d’apporter une réponse à la hauteur de l’enjeu que représentent les flux migratoires, notamment ceux liés à la pauvreté dans les pays d’origine des migrants». Sauf que le compte n'y est pas. L'enveloppe globale de l'aide publique au développement est de 3,17 milliards d'euros dont 24,5 millions pour Brice Hortefeux.