Hier après-midi, des réfugiés et des proches de Jean-Claude Lenoir ont manifesté leur soutien au vice-président de Salam, association qui vient en aide aux migrants à Calais. La veille, le bénévole avait été arrêté par la police au cours d'une interpellation de migrants, près de la zone des Dunes.
« Libérez Jean-Claude, libérez Jean-Claude ! » D'une seule et même voix, réfugiés, des Afghans pour la plupart, et bénévoles étaient postés sous les fenêtres du commissariat. Tous (ils étaient près d'une cinquantaine) s'étaient donné rendez-vous hier, à 15 heures, place de Lorraine pour crier haut et fort leur colère et appeler à la remise en liberté du vice-président de l'association. « Ils n'ont pas le droit de le garder ! », s'indigne une bénévole en agitant le porte-voix.
Vendredi, peu après minuit, le vice-président de Salam a été arrêté par les policiers au cours d'une interpellation de migrants, près de la « jungle », le squat des clandestins. Il a passé la nuit au commissariat de Calais. Selon son fils, Vincent Lenoir, présent lors de l'arrestation, le bénévole aurait été « plaqué au sol et mis torse nu ». Placé en garde à vue, Jean-Claude Lenoir doit répondre d'« outrage à agents ». En 2005, le bénévole avait été condamné pour les mêmes raisons.
Dans l'après-midi, il était toujours interrogé par les policiers. Vers 15 heures, son fils rejoignait le commissariat pour déposer son témoignage. « Je n'ai pas quitté mon père d'une semelle. J'ai vu ce qui s'est passé. » Philippe Blet, premier adjoint à Calais et président de la communauté d'agglomération du Calaisis (CAC), était présent comme « citoyen » pour lui assurer son soutien. « Je le soutiens par rapport aux modalités d'arrestation dont il a été victime. La police est là pour chasser les passeurs. »
Les Afghans visés
Déjà, dans la nuit de jeudi à vendredi, quelques migrants avaient été interpellés. « Ils arrêtent surtout des Afghans », assure Vincent Lenoir. Selon le cabinet du sous-préfet, « ces arrestations répétées ont pour but de lutter contre les violences entre migrants et celles dont les policiers sont victimes de la part des réfugiés. Si le climat ne s'améliore pas, elles pourraient être reconduites. » Pour Salam, ces expulsions récurrentes sont la conséquence d'un accord entre l'État français et la Grande-Bretagne qui s'apprêtent à renvoyer par charter des sans-papiers afghans placés au centre de rétention administrative (CRA) de Coquelles.
Jean-Claude Lenoir devait quitter le commissariat, hier, vers 19 heures. Pour l'accueillir à sa sortie, les bénévoles de Salam ont exceptionnellement distribué les repas aux migrants devant l'hôtel de police. •
PAR ARIANE DELEPIERRE - La Voix du Nord