Blog du Collectif Fontenay pour la Diversité - RESF Fontenay-sous-Bois
À Montreuil, depuis plusieurs semaines, les contrôles et les arrestations de sans-papiers se multiplient, particulièrement aux abords des foyers de travailleurs immigrés. Depuis trois semaines, chaque mercredi, nous nous rassemblons, nous manifestons, nous faisons du bruit autour des foyers pour avertir les voisins que des rafles ont quotidiennement lieu dans leur quartier et pour dire qu’il est possible de s’organiser pour empêcher ces arrestations.
Ce mercredi 4 juin, une manifestation est prévue autour du foyer Rochebrune. Une heure avant, les flics arrêtent une personne sans-papiers à proximité du foyer. Provocation ? Peu importe, les manifestants se rendent devant le commissariat et bloquent la rue avec une banderole sur laquelle il est inscrit : « Liberté de circulation ». Peu après, le commissaire sort avec une écharpe tricolore et un mégaphone. Dans le même temps, il ordonne de quitter les lieux et envoie sa horde de flics.
Plusieurs dizaines de policiers sortent subitement du commissariat. Ils ne viennent pas pour nous dégager mais bel et bien pour nous tabasser et faire quelques arrestations pour l’exemple. Réprimer ceux qui à Montreuil, dans les foyers, dans les quartiers, jour après jour s’organisent contre les rafles, contre les expulsions. Ils nous coincent contre les voitures et se lâchent : au hasard, dans le tas, coups de matraque, tirs de flash-ball à bout portant, gaz lacrymogène au visage… Peu en sortiront indemnes. Huit personnes sont arrêtées dont trois sans-papiers. Ici il s’agit de nous faire baisser la tête par les coups, les humiliations, l’enfermement.
La colère est à son comble. La nouvelle se propage partout. Des centaines de personnes affluent de Montreuil et de ses environs. Un grand feu est allumé au milieu de la rue du commissariat. Les lampadaires sont éteints pour empêcher la police de filmer la scène depuis les toits. Des palissades du Cœur de ville sont mises à terre. Des poubelles brûlent. Toujours aussi armée, la police charge et repousse une partie des manifestants jusqu’à la Croix de Chavaux. Deux nouvelles personnes seront arrêtées pendant la nuit. Mais Montreuil est debout. La mobilisation ne faiblit pas. On continue d’arriver devant le commissariat. On crie pour la libération des camarades interpellés, contre les rafles, les expulsions, contre la police. A deux heures du matin, devant l’ampleur de la mobilisation, la police cède et libère six personnes. Et deux autres, le matin, dont l’une avec une convocation.
Mais trois personnes, toutes sans-papiers, ont été déférées au parquet. Elles sont sorties deux jours plus tard avec un procès reporté au vendredi 4 juillet 2008, à 13h, à la 17e chambre du tribunal de Bobigny. Là encore, quand les plus écrasés sortent de l’ombre, s’organisent contre le sort qui leur est réservé, la répression s’abat violemment sur eux.
Continuons d’empêcher les rafles dans nos quartiers.
Samedi 7 juin à 16h, rassemblement devant la mairie de Montreuil.
Mercredi 11 juin à 18h, Rassemblement devant le foyer Branly. 73, rue Edouard-Branly, métro Mairie de Montreuil, bus 102 (arrêt Saint-Denis)
Source : ATTAC France