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Qui Sommes-Nous?

  • : Le blog de Fontenay pour la Diversité
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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 11:31

Consultante pour divers organismes internationaux dont l’OCDE, la Commission européenne ou le Conseil de l’Europe, Catherine Wihtol de Wenden préside depuis 2002, le Comité de recherche « Migrations » de l’Association internationale de sociologie. Enseignante à Sciences-Po Paris, elle a mené de nombreuses enquêtes de terrain sur les relations entre les migrations et la politique en France. Interview.


Pourquoi encore aujourd’hui, de nombreux citoyens français de culture musulmane ne sont pas considérés ou désignés comme des « Français » à part entière ?

Catherine Withol de Wenden : Ces gens sont nés en France, mais ne sont pas considérés comme tels du fait de leur double identité. Cela est lié à la politique française. Les frères Kouachi avaient une double identité, mais ont été élevés par l’Assistance publique dans un contexte français et laïque et pourtant ont été sensibilisés aux propagandes de l’islam radical en France, car à partir d’un moment, ils se sont sentis rejetés, se sont mis à la recherche de reconnaissance, dans le soutien d’une cause. C’est le résultat de discriminations, du sentiment de ne pas avoir sa place dans la société française. Pourquoi pensez-vous que les plus diplômés sont moins touchés par ça ? Ces jeunes issus de culture musulmane trouvent une autre reconnaissance dans le monde de l’islam radical. En France, ils subissent l’exclusion, la discrimination, le chômage, tombent dans la délinquance et finissent par être embrigadés en prison. Ces problèmes les tourne vers la question de l’identité, ils ont vraiment le sentiment de ne pas être à leur place dans la société française. C’était notamment le cas de Khaled Kelkal dans les années 1990, mais aussi de Mohammed Merah plus récemment. Vous savez la prison n’est pas un lieu neutre. C’est un lieu de réflexion sur soi-même, des prédicateurs les entraînent vers la violence armée et ils y sont réceptifs.

 

Alors, comment expliquez-vous que des jeunes de milieux sociaux très divers quittent leur terre natale pour la Syrie ou l’Irak ?

Il s’agit d’une crise identitaire et spirituelle, mais aussi d’une volonté de devenir un héros, ces jeunes recherchent l’aventure, un peu pareil que la Légion, la Bande à Baader ; il y a 30 ans, ils auraient rejoint Action directe. Ces jeunes ne sont pas tous dans des situations de détresse, ils recherchent l’aventure, mais aussi du sens à leur existence, ils ne savent plus où ils en sont. En ce moment, c’est le salafisme, mais à une époque, les jeunes anarchistes ont tué Sadi Carnot, car en rupture avec le capitalisme d’entreprise, le monde naissant. Ce sont des comportements de rupture, peu importe la cause pour arriver vers la violence contestataire, ce sont des entrepreneurs de cause. Aujourd’hui, les politiques sont incapables de proposer un projet pour mobiliser les gens, pour certains leur vie n’a pas de sens donc ils en cherchent un. Le plus souvent, ils sont mal armés intellectuellement pour creuser leur analyse du monde, ils n’ont pas d’esprit critique, c’est ou noir ou blanc, ils ne relativisent rien. Je suis allée dans les prisons à la rencontre de ces jeunes : pour eux c’est soit noir, soit blanc. Ils disaient : « Il n’y a plus d’espoir ici, chez moi c’est mieux ». Ils veulent un aller simple pour les pays du Golfe.

Mais là-bas, ils seront étrangers, pas bien accueillis, pour eux, la vie est simple. Il faut faire société ensemble, travailler sur l’éducation et ne pas laisser à l’école certaines personnes au bord de la route qui sortent sans diplômes. Ils maîtrisent mal l’écrit et l’oral, ils n’ont que la violence pour s’exprimer et une image négative de leur propre vie donc ils veulent se purifier ailleurs, car ils n’ont pas de repères. C’est le boulot de l’école, des éducateurs, de la justice et de l’insertion professionnelle. Vous savez, dans les années 1960-1970, il existait des internats publics pour pauvres, marginalisés et ce serait une bonne solution aujourd’hui pour régler le problème des mères isolées. Ce serait une bonne solution aussi pour ces jeunes pour les sortir de leur système familial et social. Ce serait coûteux, mais il vaut mieux payer des pions que des gardiens de prison non ?

 

Quelles failles de la politique française les évènements tragiques de la semaine du 7 janvier ont fait rejaillir ?

François Hollande est resté muet sur le problème des différents types de discriminations en France or il s’agit d’un vrai sujet. Il y a un autre aspect qui me choque un peu de la part de Charlie Hebdo qui n’a pas été habile de taper sur des gens qui ne sont pas armés pour répondre à la dérision sur leur propre religion. Pour les chrétiens, on a 200 ans d’expérience, on est habitués depuis la Révolution française, pareil pour les juifs, avec toutes les caricatures du 19e siècle. Mais taper sur des gens plus faibles qui n’ont pas de retour critique pour réagir ce n’est pas équitable, même si les caricaturistes ont totalement le droit de le faire. Vous savez on peut tout dire, mais pas dans tous les contextes, rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Là, ça n’a fait qu’allumer le feu, ça a été vécu par de nombreux musulmans comme une humiliation, ils n’ont pas de retour critique sur leur propre religion, c’est un problème de temps. Ils sont originaires de pays où la religion d’État est l’islam, ici ils sont minoritaires et en plus discriminés, même si je défends la liberté d’expression !

Le vrai sujet à aborder notamment ce sont les contrôles d’identités. Il y a un manque de courage de la part des politiques, la police est l’arme des gouvernements en place, ces jeunes subissent les contrôles d’identité à longueur de journée, des blagues racistes et toute sorte d’humiliations. En Italie, à Rome, je n’ai jamais vu un seul contrôle d’identité. Il faut arrêter les contrôles d’identité et se concentrer sur ces types dangereux, fichés dans plein de réseaux, allons chercher la délinquance là où elle est vraiment ! On dépense beaucoup trop dans les contrôles d’identité et la lutte contre le cannabis qui entretient des filières mafieuses. Si on s’occupait du vrai terrorisme, si on se concentrait sur les vraies filières de la drogue dure, de la prostitution, du terrorisme, sur les choses graves en somme ! Mais on n’a pas les moyens…

Je crains l’amalgame aussi entre les sans-papiers et le terrorisme, ce n’est pas parce que le terrorisme existe qu’il faut renforcer le contrôle aux frontières, ça n’a pas de sens ! On a encore du mal à considérer que l’immigration de peuplement existe, c’est vrai aussi pour les Dom Tom depuis Louis XV, quelqu’un d’un peu différent est toujours mal « intégré ».

 

De quoi parle-t-on quand on parle d’« intégration » à la société française ?

C’est totalement ridicule de parler d’intégration et d’imposer un modèle d’intégration. Chacun a son itinéraire, les gens diplômés on n’oserait pas leur demander de s’intégrer, cette analogie est stupide.

 

Comment accueille-t-on les migrants aujourd’hui en France ?

On accueille mal les migrants aujourd’hui. En plein Paris, dans le 10e arrondissement, il y a des campements africains, les migrants dorment dehors en plein hiver, les jeunes migrants scolarisés en situation irrégulière dorment dehors. On les accueille très mal, dans l’urgence, en fait on veut une politique de dissuasion, on a peur, la réflexion c’est : « si on les accueille trop bien, tout le monde va venir ». On a les moyens de les accueillir, la France est quand même le 10e pays le plus riche du monde. Le problème c’est l’urgence : on ne pouvait pas prévoir que des Syriens, des Somaliens, des Soudanais viendraient suite aux conflits dans leurs pays, la plupart sont demandeurs d’asile. En Italie, ils se débrouillent très bien avec ça, ils accueillent 800 personnes sur des cargos parce qu’ils se disent qu’il faut recueillir les gens en détresse, à la dérive aux frais du contribuable italien.

 

 

Lire l'intégralité de l'interview que le Bondy blog

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 11:24

Dans un rapport publié ce jour, l'institution européenne s'inquiète de la montée des actes racistes et homophobes dans le pays, et demande au gouvernement d'agir pour les migrants de Calais.

Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, le Letton Nils Muiznieks, exhorte dans un rapport dévoilé ce mardi la France à lutter contre les actes haineux et racistes et à mieux accueillir les demandeurs d’asile, notamment les réfugiés syriens. Selon les grandes lignes de ce rapport, il est «urgent» pour la France de «mieux contrer d’une manière soutenue et systématique» les discours et actes haineux et racistes en France.

Ces discours et actes «non seulement persistent mais sont en hausse» en France, «malgré des avancées législatives et des mesures visant à lutter contre l’intolérance et le racisme», s’alarme le commissaire dans son rapport. Il pointe le «sentiment d’insécurité» des juifs, dont l’émigration vers Israël a plus que triplé entre 2012 et 2014, et relève que le nombre croissant d’actes antimusulmans et de faits homophobes «est également très inquiétant».

L’accueil des demandeurs d’asile en France est l’objet d'«insuffisances graves et chroniques», souligne aussi le commissaire dans ce rapport. Et les règles en matière d’asile et d’immigration en vigueur «posent de sérieuses questions de compatibilité avec les engagements internationaux de la France». Il appelle les autorités françaises non seulement «à maintenir leur engagement d’accueillir 500 réfugiés syriens», mais les «exhorte à en accueillir davantage et à lever tous les obstacles» qui «compromettent» leur accès à l’asile.

 

Lire la suite sur Libération

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 18:21

Plusieurs temps de débat sont organisés ce samedi 7 février pour tenter de comprendre le quotidien de la vie d’un lycéen sans-papiers.


Afin de mieux comprendre les difficultés de régularisation des élèves sans papiers, pour échanger avec des jeunes régularisés, titulaires d’un titre de séjour étudiant, ainsi que des jeunes sous obligation de quitter le territoire français, Réseau éducation sans frontière, la CGT Educ’action 91, le Sgen-CFDT et la FSU vous invitent à participer à un après-midi dédié aux lycéens sans-papiers.

 

Durant trois heures ce samedi 7 février, différentes thématiques seront abordées lors de tables rondes. Que sont-ils devenus ? Vivre sans-papiers, être obligé de quitter le territoire français, le piège du titre étudiant : avoir un titre étudiant, et après ? Ou encore la mise sous protection des lycéens obligés de quitter le territoire français seront les sujets étudiés durant cette journée.

 

Ce rendez-vous se teindra alors même que le jeune champion d’athlétisme, Massaman, est toujours sous le joug d’une expulsion du territoire français.

 

Ces trois heures autour de la thématique des lycéens sans-papiers se dérouleront samedi 7 février à partir de 14h30 jusqu’à 18h, à la Maison des Syndicats, Place des Terrasses de l’Agora, à Évry.

Pour Essonne Info, RESF 91 présente le parcours de Khadiatou, guinéenne de 22 ans, qui vit une situation typique :

« Khadiatou est arrivée en France il y a plus de 8 ans, à l’âge de 13 ans et demi, pour rejoindre son oncle, qui avait sa tutelle.


Elle a suivi en France une scolarité sans faille: collège, lycée avec l’obtention du baccalauréat STG, BTS Comptabilité Gestion des Organisations et Licence professionnelle Comptabilité gestion Portefeuille Client au Cnam.
Au lycée, elle était félicitée par ses professeurs pour son comportement exemplaire. Malgré cela, à ses 18 ans, Khadiatou a reçu une obligation de quitter le territoire français. C’est grâce à la mobilisation de ses camarades et professeurs, des associations et élus, que Khadiatou n’a pas été expulsée. Elle a finalement réussi à obtenir un titre de séjour, mais seulement un titre étudiant car elle ne vivait ni avec son père, ni avec sa mère en France..."

 

Lire la suite sur Essonneinfo

 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 10:48

Près de vingt associations ou collectifs avaient lancé un appel au rassemblement devant la préfecture des Hautes-Alpes.

Devant la préfecture de Gap, ce samedi matin, des valises, des sacs à dos, des morceaux de cartons évoquant des pays. Mais qu'on ne s'y trompe pas : ces éléments avaient été disposés là pour symboliser l'impossibilité, pour les migrants et sans-papiers, de pouvoir s'installer de façon pérenne. Des citations de Montesquieu ou des slogans "Sans papiers, cherche accueill" ou "On ne quitte son pays que par nécessité" étaient là pour rappeler la situation de plusieurs familles menacées d'expulsion dans le département.

 

 

Lire la suite et voir les photos sur Le dauphiné

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 19:34

Depuis cet été le collectif des Baras squatte l'antenne Pôle-Emploi désaffectée de Bagnolet. Les sans-emploi ont laissé la place aux sans-logis !

Ce sont des Maliens, des Burkinabés, des Ivoiriens, des Togolais, des Camerounais qui travaillaient en Lybie jusqu'à ce que la guerre les chasse. Ils refusent le terme de sans-papiers dont la France les affuble, car ils ont ceux de leurs pays et des titres de séjour européens sans valeur ici, contrairement aux Français en Afrique dont les papiers sont reconnus. Alors qu'ils pensaient rejoindre la patrie des Droits de l'Homme ils ne se sentent pas considérés comme êtres humains. Pour eux la France doit assumer les conséquences de la colonisation et de la guerre en Lybie dont elle est directement responsable.

Depuis décembre 2012 on les trimbale, de squat en squat, d'expulsion en expulsion, de promesse de Gascon en procès. Ils ont commencé par habiter dans un immeuble montreuillois appartenant au Conseil Général. Chassés, ils restent six mois devant le Foyer des Baras, mais ils sont évacués à nouveau par les forces de "tranquillité publique". Réfugiés sur le terrain vague des Guilands, ils le quittent la nuit-même et investissent un pavillon vide appartenant à l'Archevêché. Certains sont toujours là-bas. Le Tribunal les juge trop nombreux, les obligeant à investir la cave. Ils se retrouvent alors dans un immeuble d'une société américaine, Emerson Network Power, mais après onze mois, leur expulsion est à nouveau programmée. Des élus de Montreuil et Bagnolet participent à une manifestation de soutien, mais tous prétendent n'avoir aucun pouvoir pour les régulariser et les loger. Un incendie les pousse dehors. Ils campent devant la Mairie de Bagnolet, d'où, encore une fois chassés, les voilà sous l'échangeur autoroutier ! Le 10 août 2014 ils ouvrent alors l'immeuble vide du 72 rue René Alazard à Bagnolet, anciennement loué par Pôle-Emploi à la multinationale Natixis. Aujourd'hui, à l'approche de la fin de l'hiver, la banque internationale de financement, de gestion et de services financiers du Groupe BPCE, deuxième acteur bancaire en France, lance une procédure d'expulsion, les renvoyant au tribunal de Pantin où leur procès s'ouvre le 3 février à 9h. Ils espèrent mobiliser des soutiens à cette occasion.

 

Lire la suite sur Médiapart

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 19:40

« Hope » est un film dur. Une fiction à petit budget, peut-être, mais qui sonne plus vrai et frappe bien plus fort que tous les films qui sont sortis ces dernières années et qui traitent, d’une manière ou d’une autre, du continent africain.

Dès les premières scènes, on sait qu’on est en présence d’un regard. Une capacité d’observation qui rend avec une justesse des plus rares à l’écran le langage et le vocabulaire des différentes nationalités du continent : on entend le pidgin des migrants camerounais, qui n’est pas celui des migrants nigérians, tous en route vers l’Europe dans les étendues du sud du Maroc...

 

« Hope » est une œuvre criante de vérité, faite par un documentariste français, Boris Lojkine, qui n’a rien d’un « spécialiste de l’Afrique ». Ce normalien et agrégé de philosophie a vécu au Vietnam et y a tourné deux documentaires en 2001 et 2005, sur le deuil impossible des personnes qui ont été marquées par la guerre.


Endurance Newton (Hope) et Justin Wang (Léonard), dans « Hope », de Boris Lojkine, 2015 

Pourquoi ce nouveau sujet pour lui, l’Afrique et ses migrants ? Boris Lojkine :

« Depuis très longtemps, je lisais des articles dans la presse, des récits de voyage de migrants, et je trouvais que c’était exactement le genre d’histoires faites pour le cinéma que j’ai envie de faire. De l’épopée, et pas du film psychologique sur mon petit milieu...

J’ai lu tout ce que je pouvais sur le sujet, notamment “Les Routes clandestines” [éd. Hachette, 2008] de Serge Daniel, le correspondant de RFI au Mali, et j’ai passé du temps à fantasmer sur ce monde lointain.

Une fois sur le terrain, j’ai bien sûr compris que je n’avais rien compris ! Par exemple, les ghettos sont organisés par nationalités... Ce n’est pas le ghetto des Noirs... J’ai tout réécrit dans mon scénario, parce qu’on ne fait pas un film sur un sujet pareil pour raconter des choses fausses. »

Casting dans les ghettos de Casablanca

Boris Lojkine, avec son regard neuf, a fait le pari de filmer ses acteurs comme ils sont vraiment. Il faut dire qu’il les a recrutés dans les bas-fonds de Casablanca, dans les ghettos nigérian, congolais et camerounais, parmi les migrants qui se retrouvent coincés au Maroc, à la porte de l’Europe. Explications :

« Après une longue hésitation, j’ai pris la grande décision de recruter des comédiens non professionnels. Ce n’était pas rassurant pour la production.

J’avais fait un casting à Paris, mais personne ne ressemblait aux migrants.

J’étais face à des jeunes qui parlaient le bamanankan ou le lingala, mais dès qu’ils passaient au français, ils étaient clairement parisiens, et même la manière dont ils plaçaient leurs émotions signalaient le petit Français et non l’Africain. »

 

 Lire la suite sur rue 89

Prochainement au cinéma Le Kosmos de Fontenay-sous-Bois

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 14:25

La cour d’appel de Lyon, qui devait statuer mardi 27 janvier sur le sort du P. Gérard Riffard poursuivi pour avoir ouvert une salle paroissiale à des demandeurs d’asile, s’est finalement déclarée incompétente, renvoyant le dossier devant le parquet.

 

 

Le juge a estimé que le P. Gérard Riffard, 70 ans, relaxé en septembre par le tribunal de police de Saint-Étienne, aurait dû être poursuivi pour un délit éventuel et non relever d’une simple contravention. La cour a donc annulé le jugement « en raison de l’incompétence du tribunal » et renvoyé le dossier devant le ministère public, qui décidera – ou non – de poursuivre le prêtre.

Infraction à l’urbanisme

« Il faut tout recommencer à zéro. On m’a toujours dit que je n’étais pas un délinquant mais un contrevenant. Je m’attendais à un jugement sur le fond, alors que la cour s’est basée sur un argument juridique, chacun fait son travail, moi j’essaie de faire le mien au mieux », a réagi le P. Riffard à l’issue de la brève audience, soutenu par des militants et des prêtres de la région.

Initialement, il avait comparu pour une infraction à l’urbanisme, pour avoir enfreint un arrêté municipal en hébergeant ces réfugiés. Le parquet avait fait appel et le prêtre avait comparu le 2 décembre 2013 devant la cour d’appel de Lyon. L’avocat général, Denis Vanbremmersch, avait alors reproché au contrevenant d’être « un électron libre ».

 

Lire la suite dans La Croix

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 14:16

Le Cercle de silence de Tours s'est formé pour la 83e fois, hier soir, face au palais de justice, et pour la première fois après les événements qui ont secoué la République il y a trois semaines. « Que dire après " Je suis Charlie " ? », se demande Louis Barraud (Chrétiens Migrants). Les participants au cercle font remarquer que défendre les valeurs de la France, c'est aussi, passé l'émotion, se préoccuper du sort des sans-papiers et des enfants étrangers isolés. « La nuit dernière, 11 personnes ont dormi dehors à Tours. Et l'on observe un raidissement sur la question de l'accueil des étrangers et sur la question des enfants isolés étrangers. Pourtant, il n'y a pas invasion… On accorde aujourd'hui 79.000 titres de séjour par an alors qu'on est allé avant jusqu'à 215.000. Ce raidissement se constate à Tours : on a vu cet hiver des femmes, des enfants et une handicapée dormir dans la rue, ce qu'on ne voyait pas avant. Il y a eu mobilisation pour défendre les valeurs de la République, mais il y a toujours des gens à la rue et des violences policières ! »

 

Lire sur la Nouvelle République

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 14:12

Chaque soir, boulevard de la Villette, plusieurs dizaines de mineurs sans-papiers se regroupent devant l’organisme chargé par l’Etat de les prendre en charge. Sauf que les places sont insuffisantes et encore une fois certains passeront la nuit dehors.

Paris 10e – 127 Boulevard de la Villette. Ismaël a 15 ans et attend devant les locaux de la Permanence d’Accueil et d’Orientation des Mineurs Isolés Étrangers (Paomie) depuis plusieurs heures. Timide, un sac sur le dos et la tête dans son blouson, il est arrivé tôt le matin, dans l’espoir d’obtenir une place pour passer la nuit au chaud :

« J’ai dormi dehors. Dès que j’ai vu le jour, je suis venu ici. Hier on m’a dit que j’étais venu trop tard. »
Les places en gymnases sont chères

Dans le cadre du plan « grand froid », la mairie ouvre depuis le 4 décembre dernier les portes de certains de ses gymnases et de bâtiments publics. Mais migrants et SDF se partagent chaque soir les 1.000 places disponibles. Dans ces gymnases, chaque personne accueillie reçoit une trousse de toilette, un repas chaud pour le soir, un accès aux sanitaires, et un petit déjeuner le matin. À 9h, les portes se referment, avec la remise d’un bon pour la nuit suivante. Les places dans ces gymnases sont attribuées au préalable. Pour avoir un lit, il faut avoir été orienté par le Samu Social, des associations ou des travailleurs sociaux.

Anne Hidalgo a informé début décembre 2014 que 12 gymnases étaient mis à disposition par la ville, selon un système de roulement. Contactée par StreetPress, la mairie de Paris explique que les gymnases sont en mesures d’accueillir l’ensemble des sans-papiers dont la minorité est avérée (1). Et pourtant StreetPress a pu constater que chaque soir plusieurs jeunes passent la nuit dehors, en dépit de la loi sur la mise à l’abri des mineurs.

Trop de mineurs isolés, pas assez de place

C’est la Paomie qui est chargée d’organiser leur placement. Sauf que pour obtenir un entretien visant à trouver une solution pérenne, il faut souvent attendre plusieurs semaines. En attendant, elle tente de trouver des solutions temporaires. Mais ses moyens d’action sont maigres et seulement environ 25 jeunes sont pris en charge chaque soir. Il est presque 17h30 ce 18 janvier, et toutes les places sont prises.

Il fait déjà nuit et froid. En face des locaux de la Paomie, sous le métro, des terrains de basket et de foot. Une dizaine de jeunes jouent, d’autres sont assis contre les grilles, sacs sur le dos. Livrés à eux-mêmes, ils ne savent plus vers qui se tourner. Selon Sylvie Brod de Resf, il est difficile de donner un chiffre précis du nombre de mineurs qui restent à la rue la nuit tombée :

« On peut voir entre 80 et 120 personnes qui restent visibles le soir autour de la Paomie. Mais combien d’entre eux sont partis dans le métro ? Dans les rues ? Certains reviennent le lendemain, des nouveaux arrivent aussi. »
Les jeunes ne savent pas à qui s’adresser

Ibrahim a 17 ans. Contrairement à ses camarades, il n’a pas de sac. « J’ai tout perdu pendant le voyage ». Arrivé en France il y a deux semaines, il fait la queue devant la Paomie tous les soirs. Mais il n’a encore jamais été pris en charge. Quand StreetPress lui demande s’il a déjà été dormir dans un gymnase, il a l’air étonné :

« Un gymnase ? Pourquoi j’irai dormir dans un gymnase ? La dame qui nous accueille, elle dit juste quand il y a plus de place. Il est où le gymnase ? ».

Et si on lui demande comment est l’accueil :

« Ah…c’est difficile. Je viens parce qu’on m’a dit que c’était ici qu’il fallait venir et que je ne connais pas d’autres endroits. Mais ils ne sont pas très gentils, sauf les gens qui viennent le soir pour nous aider. »
Les assoc’ se mobilisent

À côté des terrains, une petite place. Un camion tenu par des bénévoles est installé. On peut lire sur une pancarte blanche « Jeunes de la Paomie », écrit à la main. Depuis le 26 décembre 2014, de 13h à 20h environ, les associations le 115 du Particulier et le Droit Au Logement (DAL) distribuent repas chaud, thé, café, gâteaux, couverture à des jeunes. Soit chaque jour, plus de 200 repas. Avec d’autres associations (RESF, le collectif Actions Guimard, l’Adjie…) elles ont monté le collectif 172. Elles se mobilisent depuis plusieurs semaines pour permettre aux jeunes qui ne sont pas pris en charge par la Paomie d’être dirigés vers les établissements qui peuvent leur venir en aide.

Cet élan de solidarité a commencé aux dernières vacances de la Toussaint. StreetPress vous avait raconté comment la FIDL, syndicat lycéen, avait hébergé de nombreux mineurs isolés scolarisés afin interpeller les autorités. Après les vacances de Noël, c’est le lycée Guimard dans le 19e arrondissement de Paris, qui a menacé d’ouvrir le gymnase de l’établissement pour héberger 9 lycéens sans-abri. Une action qui a fait réagir le ministère de l’Education Nationale et la préfecture de police : 5 de ces jeunes ont été logés à la Mie de Pain et en Foyer de jeunes travailleurs. Les autres ont été accueillis dans un foyer pour une courte durée. Une dizaine de jours après, c’est le lycée Louis Armand, dans le 15e arrondissement qui rejoint le mouvement.

 

Lire la suite sur Streetpress

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 18:34

La Ville de Paris projette de créer des structures d’accueil pour les mineurs étrangers isolés, a annoncé Dominique Versini, adjointe à la mairie de Paris, chargée de la protection de l’enfance, lundi 26 janvier. Entre le moment où un mineur isolé étranger arrive à Paris et celui où il est pris en charge par les services sociaux, il devrait légalement se passer au maximum cinq jours, le temps de vérifier sa minorité. En réalité, il se passe plusieurs mois pendant lesquels le mineur ne dispose pas d’un logement pérenne et se trouve parfois en situation de grande précarité.

Lorsqu’un jeune étranger arrive à Paris, il passe d’abord par la Permanence d’accueil et d’orientation des mineurs isolés étrangers (Paomi). En France, les services de l’aide sociale à l’enfance, gérés par les départements, ont l’obligation de prendre en charge les mineurs, avec ou sans papier. Les adultes majeurs, s’ils sont en situation irrégulière, sont quant à eux expulsables. A la Paomi, l’enfant raconte son parcours et ses papiers d’identité sont vérifiés. A l’issue de cet entretien, une première évaluation est livrée : il est plutôt mineur ou plutôt majeur. Le dossier est ensuite transmis à la justice, qui tranche.

Vingt euros par semaine

En attendant la décision, ces jeunes sont laissés dans la précarité. Ils dorment dans des gymnases ou dans des hôtels, seuls. Et l’aide sociale à l’enfance leur verse environ 20 euros par semaine en liquide. « Nous ne voulons plus cela car nous avons remarqué qu’il y avait des réseaux autour de ces jeunes », a expliqué Dominique Versini. Un appel à projet a donc été lancé mi-décembre. Il devrait être présenté en mars. L’idée serait de créer un accueil de jour pour environ 150 jeunes qui offrirait des repas, la possibilité de faire une lessive ou de se laver ; des services suffisants pour ne plus avoir à verser de l’argent aux migrants et surtout leur permettre de rompre leur isolement.


Lire la suite sur Le Monde
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