Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 20:07

L’enfermement des enfants de migrants s’est banalisée depuis 2004, au nom du regroupement familial. La Cour européenne des droits de l’homme vient de condamner la France pour dommage moral.

 

France, pays des droits de l’homme, de la femme et de l’enfant ? Pas si sûr, selon la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui a condamné la France le 19 janvier pour avoir enfermé deux enfants de cinq mois et trois ans dans un centre de rétention. Leurs parents, les époux Popov, victimes de persécutions dans leur pays d’origine, le Kazakhstan, sont arrivés en France fin 2002. Après de nombreuses demandes d’asile déboutées, la famille est placée en 2007 dans un centre de rétention administrative (CRA). Finalement libérés, ils auront passé quinze jours dans ce centre avec leurs deux enfants en bas âge.

« Banalisation »

Le cas des enfants Popov n’est pas isolé. Quasiment inexistant autrefois, l’enfermement administratif des enfants devient de plus en plus fréquent. Voire systématique. « La France est l’un des derniers pays européens à enfermer systématiquement les mineurs. Elle ne cherche pas d’alternative », explique Brigitte Espuche, déléguée générale de l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) qui tient « la politique du chiffre » du gouvernement français en matière d’expulsions de migrants pour responsable de cette dérive. En 2004, 165 enfants ont été enfermés dans des centres de rétention. En six ans, ce chiffre a doublé pour attendre 356 en 2010 [1]. (...)

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Par Fontenay - Diversité
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