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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 20:14
Cinq minutes d'audience et puis s'en vont: la seconde journée, mardi, du procès des auteurs présumés de l'incendie du CRA de Vincennes a de nouveau tourné court en raison d'incidents de procédure qui retardent l'ouverture des débats.

 

L'imbroglio juridique dans lequel est engagée l'affaire a franchi une nouvelle étape: la présidente de la 16e chambre correctionnelle, Nathalie Dutartre, a annoncé au début de cette seconde demi-journée d'audience qu'elle refusait de se destituer, comme le demandait la défense de l'un des prévenus.

A l'ouverture du procès, ce dernier a reconnu en elle la juge qui s'était prononcée sur son placement en détention dans un autre dossier, en 2005. Il met dès lors en doute son impartialité dans ce procès.

Dans sa décision, la présidente a jugé que "s'agissant d'une affaire distincte", elle ne pouvait être soupçonnée de partialité.

Face à ce refus, l'avocate du prévenu, Mylène Stambouli, soutenue par l'ensemble de la défense, a annoncé qu'elle déposait une demande de récusation de Mme Dutartre auprès du premier président de la cour d'appel ainsi qu'une demande d'ajournement du procès.

L'audience reprendra mercredi à 13h30. Les parties devraient alors être informées de la décision du 1er président de suspendre ou non les débats le temps de statuer sur la demande de récusation, procédure qui peut prendre plusieurs jours à plusieurs semaines, selon la défense.

Même dans le cas où les débats ne seraient pas suspendus, l'incertitude pèse sur la suite du procès qui a débuté lundi après-midi et n'est pas censé se prolonger au-delà de mercredi. L'examen des faits n'a même pas été entamé.

Il le sera d'autant moins rapidement que les avocats de la défense entendent bien, si les débats sont ouverts, demander un supplément d'information. Ils dénoncent une "instruction à charge", au cours de laquelle toutes leurs demandes d'actes ont été rejetées et contestent la fiabilité des enregistrements des caméras de vidéosurveillance du CRA sur la base desquels les prévenus sont poursuivis.

Dans ce climat de défiance à l'égard de l'institution judiciaire, la tension était toujours palpable, mardi, devant la salle d'audience où, comme la veille, des dizaines de personnes étaient venues soutenir les prévenus à l'appel de diverses associations (MRAP, Gisti, LDH, Solidaires...).

Après la suspension de l'audience, la sortie du public à l'extérieur du Palais de justice a été ponctuée de bousculades avec les forces de l'ordre.

Dix étrangers en situation irrégulière sont poursuivis pour avoir participé à l'incendie du CRA de Vincennes le 22 juin 2008 au lendemain du décès, dans des conditions obscures, d'un Tunisien de 41 ans retenu au centre, le plus grand en France à l'époque.

L'incendie du CRA avait entraîné une polémique entre responsables politiques sur les conditions d'accueil en centre de rétention.

  Sophie MAKRIS (AFP)

 

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