Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 23:12

Paris, le lundi 28 juin 2010 - Plus de 1 000 personnes se rendent en moyenne chaque jour au service d’assistance sociale et administrative (SASA) de France terre d’asile à Paris et 500 à la plate-forme d’accueil de Créteil. Ces structures constituent ainsi une étape essentielle pour les demandeurs d’asile. A la fois lieux d’orientation sociale et de conseil juridique,  le SASA et la plate-forme de Créteil offrent une domiciliation postale aux demandeurs d’asile, démarche obligatoire pour entamer la procédure de protection internationale, et proposent également une assistance pour l’ouverture des droits sociaux, en particulier l’accès aux centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA).

Or, aujourd’hui, la saturation et la désorganisation du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile ont un impact sur ces services et mettent en danger leurs missions et la sécurité des salariés. La très nette augmentation du nombre de demandeurs d’asile reçus par nos services (8 728 domiciliations actives à Paris et 4 162 à Créteil), le volume considérable de courriers de l’administration à enregistrer et à distribuer et la file d’attente interminable de personnes sollicitant un hébergement dans le dispositif national d’accueil (plus de 4 000 personnes) engendrent tensions et agressivité au sein des locaux. France terre d’asile gère cette forte augmentation des flux et la pénurie d’hébergement avec des moyens humains constants par rapport à l’année dernière. Cette situation est difficilement tenable : la sécurité des usagers et du personnel ne peut plus être convenablement assurée. Ajoutons que le sort réservé aux personnes placées sous règlement Dublin (principalement des Afghans sur Paris) complexifie encore davantage la situation.

Par conséquent, France terre d’asile est contrainte de suspendre la domiciliation des nouveaux demandeurs d’asile jusqu’à nouvel ordre. La reprise de cette activité ne peut intervenir qu’avec des moyens supplémentaires sans lesquels les conditions de sécurité des personnes et les conditions d’exercice du droit d’asile ne pourraient être garanties. Cette décision est une nouvelle illustration de la situation extrêmement tendue que connaissent les plates-formes d’accueil des demandeurs d’asile en Ile-de-France, où se concentre 44 % de la demande d’asile nationale en 2009, et où les moyens manquent.

Nous demandons d’urgence à l’Etat l’organisation d’une table-ronde à l’échelle régionale avec l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs concernés par cette problématique de l’accueil, de l’orientation et de la domiciliation des demandeurs d’asile. Nous souhaitons que soit mis en place un dispositif d’accueil, d’accompagnement et d’hébergement spécifique pour les personnes placées sous règlement Dublin. Nous réclamons également une évaluation réelle des besoins en équipement (plates-formes d’accueil, hébergement) pour un accueil digne des demandeurs d’asile en Ile-de-France, afin de parvenir à la construction d’un schéma d’accueil territorial cohérent et solidaire, piloté par l’Etat, et où chacun trouvera sa place. 

 

Par Fontenay - Diversité
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