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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 20:36
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Samedi 31 Janvier 2009

Anne Combarnous est la dernière mère de famille à avoir vu Avetis Abrahamian à l'école Gaston-Phoebus de Pau. « C'était lundi, il était 18 h 30, je venais chercher mon fils. J'ai croisé Avetis, il était bizarre. Je lui ai demandé ce qui se passait. Il m'a dit qu'il venait chercher Arman, qu'il ne pouvait pas parler et que Margareta avait été arrêtée avec Marek. Il est entré dans l'école. Sur le trottoir, il y avait deux personnes en civil que je ne connaissais pas. Ils sont partis avec Avetis. »

Le soir même, le couple arménien et ses deux enfants de 9 et 2 ans étaient placés en garde à vue à la police de l'air et des frontières de Billère. Dans la nuit, ils ont été transférés au centre de rétention de Cornebarrieu, près de Toulouse. Le mercredi matin, à 6 h 30, sous les yeux de son frère, Avetis et sa femme Margarita, ainsi que leurs deux enfants, ont été mis dans un avion, direction Erevan, en Arménie. Après une halte en ex-Tchécoslovaquie, ils ont atterri à Erevan, à 19 h 30.


Opposant au régime

Depuis, Anne, marraine républicaine d'Arman et Jean-Marie Mong, son parrain, n'ont plus de nouvelles. Ils ont simplement su par le frère qu'Avetis avait été retenu à l'aéroport d'Erevan. « La maman l'a appelé pour dire que son mari n'était pas ressorti de l'aéroport et qu'elle était seule avec les enfants. »

Cette dernière information a bouleversé de nombreux Palois, du Réseau éducation sans frontière (RESF) à France Terre d'asile, en passant par la Cimade et la Ligue des droits de l'homme et d'autres encore. De nombreux élus ont également fait part de leur colère, dont la maire de Pau, Martine Lignières-Cassou.

Selon Jean-Marie Mong, Avetis Abrahamian appartenait à un parti politique d'opposition arménien, le parti Anrapetyun, dirigé par Souren Khatchaprian. « Il aurait fait campagne pendant la présidentielle contre le président élu. » C'est la raison pour laquelle il aurait fui son pays après avoir subi plusieurs arrestations.

Arrivé sur le sol français en 2005, le couple a ensuite suivi le difficile parcours des demandeurs d'asile. La Commission nationale du droit d'asile à Paris, le refus, le recours, l'obligation de quitter le territoire français, le recours au tribunal administratif de Pau, la cour administrative d'appel.

Pour la vie quotidienne, le centre d'accueil des demandeurs d'asile de Pau, l'hôtel et enfin le petit appartement de la rue du 14-Juillet à Pau.

Arman était scolarisé à Gaston-Phoebus depuis la grande section de maternelle. Cette année, il était en CE2. Sa maîtresse décrit un enfant qui avait de bonnes bases et qui parlait un excellent français, sans accent. Elle était présente hier devant l'école avec ses collègues et les Atsem. « C'est le septième gamin qui disparaît dans cette école. Restons vigilants, restons unis dans un esprit social et de solidarité », a exprimé Jean-Jacques Le Masson, de RESF.

Marie-Massou dit Labaquère, présidente de la Ligue des droits de l'homme, qui n'a pu être présente, ne peut retenir sa colère : « Il faut revoir le droit et permettre que les recours soient suspensifs. Ensuite, il faut arrêter de traiter les gens comme des chiens ! Ils n'ont pas de papiers, mais ils ont des droits ! Ils sont partis sans avoir le droit de faire une valise, sans savoir où ils allaient. On leur a menti. Le préfet a tout préparé et s'est débrouillé pour que la famille ne passe pas devant le juge de la liberté et de la détention. C'est honteux pour la France. »

La préfecture n'a pas souhaité « faire de commentaires » sur ce dossier.


Auteur : odile faure - Sud-ouest.fr
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