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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 13:24
Les malheurs de la famille Aleksanian, des sans papiers de nationalité arménienne réfugiés à Albi depuis avril 2007, sont décidément loin d'être terminés. Mardi, c'est le fils aîné, Karen, 21 ans, qui a été interpellé près de chez-lui et placé en garde à vue une nuit au commissariat d'Albi.

Le même jour le tribunal administratif de Toulouse donnait raison à l'avocat de la famille, suspendant l'arrêt du préfet du Tarn ordonnant la remise du jeune homme aux autorités allemandes. « Ils savaient très bien qu'il y avait un référé. Ils ont été obligés de le relâcher. Je ne comprends pas l'attitude de la préfecture d'Albi » s'insurge Me Oudin, l'avocat de la famille.

C'est pour que Karen, gravement malade, puisse bénéficier d'une greffe du rein et de soins adaptés, que Marine et ses deux fils ont quitté l'Arménie pour l'Allemagne.

Quelque temps après l'opération, en 2005, Marine, expulsée d'Allemagne, est passée en France avec Karen et Narek, le cadet, pour rejoindre sa sœur à Albi. Depuis, elle désespère d'obtenir des titres de séjour, le droit de travailler pour elle, d'être soigné dans de bonnes conditions s pour Karen et de poursuivre ses études pour Narek. Ce dernier, scolarisé en classe de français langue étrangère au lycée Toulouse Lautrec d'Albi dès la rentrée 2007, a été interpellé dès qu'il a eu 18 ans. En décembre dernier il a passé trois semaines au centre de rétention de Cornebarrieu, avant d'être relâché, faute d'avoir été reconnu par son pays d'origine l'Arménie.
quinze jours de sursis

Toujours en situation irrégulière après un appel non suspensif auprès du tribunal administratif de Toulouse, le jeune homme n'a pu poursuivre son année scolaire au risque d'être à nouveau arrêté. « Pour l'instant la Police ne peut rien faire contre Karen. Mais contre Narek, ils peuvent tout faire » insiste Me Oudin.

Le 26 octobre dernier, le préfet avait refusé d'accorder à Marine Aleksanian un titre de séjour, en qualité de mère d'un enfant malade, alors même qu'il accordait à son fils Karen une autorisation provisoire de séjour pour poursuivre son traitement.

Le tribunal administratif de Toulouse stipulant que « le préfet du Tarn a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation », a condamné l'État à verser 1 000 € à Mme Aleksanian,annulé les décisions du préfet, et ordonné à ce dernier à réexaminer le situation dans un délai de 15 jours.

Selon Me Oudin, la mère de Karen aurait dû de fait recevoir un titre de séjour d'un an et le droit de travailler. « Aucune décision n'a été exécutée. Karen et sa mère n'ont eu qu'un titre de séjour d'un mois. La préfecture est hors la loi », résume Me Oudin. L'avocat s'apprête à demander la régularisation des Aleksanian en souhaitant « qu'on arrête de saucissonner la famille ».

Pour Pierre Larrey, chef de cabinet du préfet, c'est à l'Allemagne, pays par lequel a transité la famille et où Karen peut être correctement soigné, à les accueillir. « Les liens avec la France ne sont pas prouvés, sauf des liens de cousinage. L'Allemagne est prête à accueillir Karen, sa maman et son frère… Nous allons réexaminer le dossier en tenant compte de ce que vient de dire le tribunal et de ce que dit le médecin de la DDASS », expliquait hier soir le chef de cabinet du préfet.

« Ici la nuit, personne ne dort. On ne peut ni travailler ni sortir. C'est la chasse à l'homme… une vie infernale », confiait hier Marine Aleksanian. Une mère qui ne sourit jamais.

Source : Ladepeche.fr
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