Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Qui Sommes-Nous?

  • : Le blog de Fontenay pour la Diversité
  • : Blog du Collectif Fontenay pour la Diversité - RESF Fontenay-sous-Bois
  • Contact
13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 10:49

Enfants, ils ont suivi leurs parents, sont entrés régulièrement en France, et s’y sont maintenus illégalement. Aujourd’hui, ils sont étudiants, ont 18 ans ou les ont dépassés, et une épée de Damoclès pèse sur leur tête : l’expulsion vers Maurice. La plupart sont pourtant brillants. Rencontre avec ces sans-papiers modèles.

Soutenue par le syndicat CGT et le Réseau éducation sans frontières, Daveena a décidé de rendre publique sa situation de sans-papiers.
Soutenue par le syndicat CGT et le Réseau éducation sans frontières, Daveena a décidé de rendre publique sa situation de sans-papiers.
Ils s’appellent Walid, Nicolas, San-geeta. Un jour, ces jeunes de Brisée-Verdière, Cassis, Quatre-Bornes ont émigré avec leurs parents en région parisienne. Quelques années plus tard, ils poursuivent leurs études, font du droit, de la philo, une école de commerce. D’anciens lauréats ? Pas vraiment. Boursiers ? Encore moins. Ces improbables diplômés vivent en fait dans la clandestinité : ils n’ont pas de papiers.

Au total, ils seraient des milliers dans cette situation en Ile-de-France. Parmi eux, une centaine d’étudiants mauriciens. Tous vivent dans l’angoisse quotidienne d’un contrôle d’identité. Le « stress permanent », résume l’un d’eux, même après les examens. Cette période de vacances pourrait tourner au cauchemar. Faute de papiers, ces Mauriciens en situation irrégulière risquent en effet l’expulsion.

C’est le cas de Moonira, Daveena (prénom modifié) et Marie-Louise (prénom modifié). Si nous avons choisi leur histoire, c’est que ces trois étudiantes d’une vingtaine d’années savent tout de cette « peur de l’arrestation ». Inquiètes, elles vivent le plus souvent cachées. Et se demandent souvent si elles obtiendront un jour leur Graal, cette fameuse régularisation.

Pourtant, toutes trois sont arrivées régulièrement en France. À l’époque, elles avaient 13, 14 et 16 ans. Leur première terre d’asile a été le collège. Depuis, ces sans-papiers modèles se sont intégrées. La première vient d’obtenir son bac avec mention, la seconde est en faculté de droit, la troisième s’apprête à faire médecine.

Paradoxe d’une situation surréaliste, Moonira et Marie-Louise n’ont pas choisi la France. Leurs parents respectifs ont décidé à leur place. C’est eux qui ont voulu émigrer, en quête d’une vie meilleure. Une émigration légale au départ, avec un visa de touriste… mais qui a expiré depuis des lustres.

Voilà comment, à 18 ans, Moonira et Marie-Louise ont entamé une vie d’étudiante sans-papiers.

Daveena est dans la même situation : potentiellement « expulsable » depuis sa majorité. Elle a bien demandé sa régularisation. En vain. Alors, en mai dernier, Daveena a tenté le tout pour le tout. Fatiguée de vivre dans « l’incertitude du lendemain », elle est sortie de la clandestinité pour réclamer un titre de séjour.

Dans son université, à Évry, profs et élèves se sont mobilisés. Une pétition a même circulé. En quelques minutes, des dizaines de signatures ont été collectées et transmises au préfet de l’Essonne. Avec le risque d’un retour de bâton, façon guet-apens. Un risque que Daveena assume. Et pour lequel elle a reçu deux soutiens de poids : celui de Manuel Valls, député maire d’Évry, et de Richard Messina, président de l’université.

Sans résultat pour l’instant. Comme Daveena, Marie-Louise et Moonira sont catégoriques : leur vie se trouve en France, avec leurs parents, leurs copains, leurs études, leur futur métier. Dans quelques jours, pour leur réinscription, elles sortiront un passeport, un certificat de scolarité, une carte d’étudiant, une attestation de demande de titre de séjour, bref tout papier qui prouve qu’elles sont bien… elles.

Mais ce ne sera pas suffisant pour se faire embaucher, passer son permis ou se promener tranquillement dans la rue. Sans la peur. Sans la honte. (...)

Lire la suite sur lexpress.fr

Partager cet article
Repost0

commentaires